Pourquoi j'achète des cryptos qui vont mourir
La plupart de ces cryptos vont mourir. Je les achète quand même. Je t'explique.
Hello 👋
Je t’écris un lundi d’août, au retour d’une semaine passée le nez dans mes plans d’investissement plutôt que dans les graphiques. On est plus de 78 000 ici chaque lundi, et aujourd’hui je vais te parler d’un pari que je suis censée perdre.
Tu vas voir, c’est beaucoup moins déprimant que ça en a l’air.
🌤️ L’actu crypto de la semaine
Pendant que tu étais à la plage (ou au bureau en rêvant d’y être), je suivais le marché crypto pour toi !
Le Bitcoin a fait une vraie percée cette semaine principalement grâce aux mauvaises nouvelles de l’emploi (cata) aux Etats-unis !
🎰 Le pari que je suis censée perdre
Temps de lecture : 6 min
La semaine dernière, en préparant mon analyse du lundi, j’ai vu que ce serait une semaine de transition sur le marché : pas de grand rendez-vous avant celle qui commence aujourd’hui.
Du coup, j’ai décidé d’en profiter pour travailler plus en profondeur sur mon plan d’investissement.
J’ai mon plan à l’échelle du cycle, et j’ai aussi mon plan à l’échelle de dix ans : je revois mes proportions d’investissement en crypto, je revois mes budgets, je regarde s’il faut renforcer telle ou telle crypto.
Le genre de travail pas spectaculaire du tout, mais c’est lui qui fait la différence sur dix ans.
Et au milieu de ce travail très sérieux, il y a une case qui me nargue. Un sujet que j’ai souvent envie de mettre de côté. Et puis je me suis fait des simulations, et elles m’ont fait changer d’avis. Je te les montre, parce que c’est exactement le genre de calcul qui rend fou tout le monde en crypto (moi comprise, tu vas voir).
Cette case, c’est ce qu’on appelle le moonshot (littéralement « tir vers la lune » : des paris sur des toutes petites cryptos, minuscules à côté du Bitcoin, qui peuvent faire fois 10 ou fois 50... et qui vont surtout mourir, pour la plupart).
Les trois futurs d’un panier moonshot
Admettons que j’investisse 100 000 euros dans l’année. La case moonshot, ce serait d’environ 6 000 euros, répartis entre 5 et 10 petites cryptos.
Voilà les trois futurs possibles de ce panier.
Premier futur, très probable : tout meurt. Je perds 6 000 euros sur 100 000. C’est une perte qui est OK pour moi, complètement entendable à l’échelle du plan. (Je sais que dit comme ça, « perdre 6 000 euros ça va », ça peut choquer. Mais c’est tout le sujet de cette newsletter, accroche-toi.)
Deuxième futur : le panier se comporte de manière moyenne, une ou deux s’en sortent, et je peux récupérer autour de 18 000 euros.
Troisième futur : il y en a une dans le lot qui explose. Et là, le panier peut me rendre 90 000 euros.
C’est là que ça prend tout son sens : une toute petite partie du plan, qui a vocation à être perdue, pour aller chercher des gains énormes. Ça ne peut pas être le moteur d’un plan d’investissement. Mais c’est intéressant de l’intégrer quand même.
Le calcul qui rend fou
Là je sais ce que tu te dis : pourquoi 6 000 ? Pourquoi pas zéro, ou pourquoi pas beaucoup plus ?
Eh ben justement, mon cerveau fait exactement les mêmes allers-retours.
Au départ je me dis : non mais c’est trop du pari, zéro c’est bien.
Mais en même temps, on ne fait pas un x15 sur des cryptos du top 15. Donc c’est bien d’avoir une petite partie qui va chercher ça.
Et puis je regarde le troisième futur, le 90 000€, et d’un coup j’ai envie de mettre 20 % de mon capital. Parce que si ce n’était pas 6 000€ mais 20 000€, ce ne serait pas 90 000 à l’arrivée, ce serait trois fois plus...
Tu vois le piège se refermer ? C’est impossible de ne pas faire ce calcul. Tous les gens qui crient « to the moon » sur Twitter à propos d’une crypto, en général, c’est que leur proportion n’est pas bonne : ils ont fait le même calcul que moi, sauf qu’ils se sont arrêtés au scénario optimiste.
« Si je mets 50 000€, je suis millionnaire, c’est trop bien. »
C’est exactement pour ça que les règles de répartition se fixent AVANT de regarder les simulations. Parce que la réalité, c’est que même en analysant très fort ce genre de cryptos, c’est comme investir dans une start-up : l’idée peut être cool, la hype peut être là à un moment donné, ça ne veut pas du tout dire que la crypto va exploser.
D’autant qu’on est dans un marché bas en ce moment, et ça veut dire qu’il y a encore beaucoup d’épreuves à traverser avant l’euphorie.
Il faut vraiment prendre le truc pour ce qu’il est : un pari. Et on ne parie pas n’importe comment.
Je l’ai déjà fait. Et il s’est passé exactement ce que je te raconte.
Fin 2024, j’ai constitué un panier d’une dizaine de petites cryptos très risquées.
Dans le lot, il y en avait une qui s’appelait Lucky Coin. Achetée 1,40 dollar début novembre 2024. Trois semaines plus tard, elle valait presque 17 dollars. x12 en trois semaines. J’ai vendu pendant la montée, à +900 %.
Et ensuite ? Elle a disparu. Aujourd’hui, elle vaut à peine plus de 2 centimes, soit 98 % en dessous de mon prix d’achat. Et presque toutes les autres cryptos du panier sont mortes ou en train de mourir à petit feu (deux m’ont quand même rendu une jolie part de bénéfices en chemin).
Le truc, c’est que je ne pouvais pas savoir, en 2024, que Lucky Coin serait celle qui exploserait. Personne ne pouvait. Par contre, je pouvais repérer les cryptos qui dominaient chacune leur petit thème, et miser sur chacune d’elles en espérant qu’il y en ait une qui fonctionne.
C’est ça, un panier moonshot : tu n’essaies pas de deviner LA bonne. Tu achètes le lot, en sachant que le lot va presque entièrement mourir.
Ok, et toi dans tout ça ?
Si un jour l’idée te tente, je te donne les règles que je m’impose à moi. Pour que tu voies à quoi ressemble un pari organisé, par opposition à un pari d’espoir.
D’abord, jamais une seule. Acheter UNE crypto ultra-risquée en se disant « c’est elle qui va exploser », c’est le pari d’espoir dans toute sa splendeur, puisqu’il n’y a quasiment aucune chance qu’elle marche, elle précisément.
Soit c’est un panier, soit ce n’est rien.
Ensuite, une taille qui a le droit de mourir. Pour moi ça va de 1% à maximum 5 % du portefeuille, réparti équitablement entre les lignes. Et je considère que c’est à la vie à la mort sur ces cryptos-là : si elle meurt, elle meurt. Je ne rachète pas pour « me refaire », je ne pleure pas dessus, c’était prévu dès le premier jour.
Et enfin, être ultra réactif sur la revente. C’est le point que presque tout le monde rate. Ces cryptos-là, quand elles montent, elles montent vite, et souvent elles disparaissent ensuite.
Mes prix de vente sont fixés à l’avance, dès l’achat, et quand ça touche, je vends sans discuter. Lucky Coin, si je n’avais pas vendu pendant la montée : j’aurais été virtuellement hyper riche pendant quelques jours, et ensuite j’aurais tout perdu.
Et puis il y a la règle zéro, la plus importante : tu as parfaitement le droit de ne pas jouer du tout. Un plan d’investissement sans case moonshot est un très bon plan d’investissement.
Cette case ne sera jamais le moteur : le moteur, c’est le reste, les cryptos solides, les proportions, la patience. Le moonshot, c’est juste la petite ligne en bas du plan, celle qu’on a le droit de perdre en entier.
Moi, après mes simulations de la semaine, j’ai remis la case dans mon plan. En sachant très bien que le scénario le plus probable, c’est que je perde ces 6 000 euros. C’est le pari que je suis censée perdre. Et s’il se passe autre chose, c’est prévu dans le plan aussi.
Rien de tout ça n’est un conseil en investissement : je te raconte ma méthode et ce que mes paniers m’ont appris.
À très vite dans ta boîte mail,
Bises, Caro




